Comment encourager les patients à parler des pratiques complementaires à leurs médecins ?

Cet article est un compte-rendu de la conférence donnée lors des Assises des pratiques complémentaires le 9 novembre 2023.

Intervenants

Lionel Vernois – Hypnothérapeuthe, coach-santé et auteur

Catherine Bitker – Praticien hospitalier honoraire

Jean-Philippe Wagner – Oncologue Algologue, Institut Andrée DUTREIX – Clinique de Flandre

Modératrice – Sonia Fischmann – Présidente de l’École Internationale de Réflexologie (EIR)

La conférence

Cet compte-rendu a été rédigé par :

  • Justine Reig, praticienne en naturopathie, massage et yoga du réseau Médoucine
  • Amalia Alimi, praticienne en naturopathie et réflexologie du réseau Médoucine

Pourquoi le patient n’informe pas le médecin qu’il recourt à des thérapie complémentaires ?

D’après Catherine Bitker, c’est déjà dans un premier temps une question de mentalité.  Pour exemple les Anglo-saxons sont des pragmatiques, ils commencent par tester, si cela fonctionnent alors ils établissent des règles. En France c’est plus compliqué…

Les patients n’informent pas leurs médécins pour essentiellement trois raisons d’après Catherine :

  • Les patients n’osent pas en parler à leurs médecins
  • Ils partent du principe que, comme c’est des produits ou techniques naturelles, cela ne peut pas leurs faire de mal donc pas besoin d’en parler à leurs médecins.
  • Et troisième raison, qui est peut-etre la plus importante, les patients ne savent pas expliquer la pratique.

Pourquoi le médecin ne pose pas de question au patient ?

Toujours d’après Catherine, la principale raison est le manque d’informations des médecins sur les multiples thérapies qui existent. Et aussi la différence de pratique entre la médecine allopathique et la médecine complémentraire à savoir il y a beaucoup plus de moyen et d’études scientifiques dans la médecine allopathique. 

Les médecins ne connaissent pas qu’elle est la meilleure thérapie complémentaire pour une pathologie précise, de ce fait il leur est difficile d’en parler avec leurs patients.

Elle précise que cepandant il y a une avancée extraordinaire au niveau du cursus des médecins. Les éléves en médecines auront l’obligation lors de leurs 2 eme cycle, d’éffectuer 6 heures sur les thérapies complémentaires. C’est un bon début, pour que les jeunes médecins aient un début de connaissance dans les thérapies complémentaires.

A quoi ça sert de communiquer ?

Cette question a été répondu par l’oncologue Jean-Marc Wagner, qui est spécialiste des douleurs.

Il a commencé par répondre, en disant « il faut communiquer pour éviter les bétises ». Son inquiétude n’était pas que ses patients utisent les pratiques complémentaires mais qu’ils osent en parler à leurs médecins afin de travailler main dans la main.

Il a d’ailleurs  partagé quelques exemples de guérison de ses patients. Un des exemples fût un de ses clients qui avait un cancer du colon qui en parallèle a suivi un régime cétogène ainsi que des jeuns thérapeutiques avec l’aide de plusieurs plantes médicinales. En effet lorsque son patient a enfin osé en parler, il a pu ajuster certaines données pour que son patient reprenne du poids par exemple.

Il a expliqué l’importance de casser les fausses croyances grâce à une meilleure connaissance de chacune des pratiques par la communication entre mécedins et praticien.

Jean-Philippe a insisté sur le rôle des thérapeutes dans l’éducation des patients à savoir qu’ils soient acteurs principals de leurs santé. De manière à qu’eux-même puissent en parler aisement à leurs médecins. Il a donné comme exemple, le fait que les naturopathes devraient encourager leurs clients à remettre le Programme d’Hygiene Vitale Individualisé qui leur a été remis à leur médecin. Graçe à cette transparence, le médecin et le naturopathe pourraient travailler ensemble chacun dans son domaine.

Pourquoi les médecins ont peur des pratiques complémentaires ?

Jean-Philippe partage les propos de Catherine, à savoir que les médecins ont peur des pratiques complémentaires par manque d’informations, manque de connaissances. Il a été un peu plus loin dans son explication en précisant que quelquefois les médecins aiment aussi avoir une sorte d’exclusivité sur leurs patients. Et que le patient arrête le traitement donné par le médecin pour se tourner vers les médecines complémentaires.

Il a insisté sur le fait que les thérapeutes doivent aller voir les médecins généralistes de leurs quartiers, leurs pharmaciens en expliquant sa pratique.

Partage d’expérience en tant que patient-expert de la ligue française contre la sclérose en plaque

Lionel Vernois nous a expliqué le diagnostique sans appel ni espoir donné par son médecin en 1995.

En 2002 il était complétement invalide se déplaçant en fauteuil roulant. Puis il nous dit avec un sourrire enfantin, 10 ans plus tard je me suis remis à la planche à voile !

Entre ces deux dates, il a essayé de multiples pratiques, comme des mini-siestes dans la journée qui l’aidaient à avoir plus d’énergie, la danse-libre qui lui permettait de se libérer de toutes ses limitations, l’hypnose, la PNL… 

Il a gardé son âme d’enfant et il insiste sûr le fait de se faire confiance et d’expérimenter les pratiques qui nous touchent, nous parlent.

Il témoigne de la fermeture du monde medical fasse à sa guérison, la non-volonté de l’admettre. Un médecin va jusqu’à lui dire « vous avez de la chance, pour l’instant… »

Pour être entendu il va alors écrire un livre sur son histoire mais il nous avoue qu’il reste malgrè tout chez les médecins une forme de réticence à ne pas vouloir le croire.

Aujourd’hui il est heureux d’être une sorte de « syndicaliste » dans son rôle de patient expert.

Le mot des intervenants

Jean-Philippe, précise que l’information reste le point essentiel entre le trio, medecins, thérapeutes, patients/clients. Et que grâce à l’information, chacun connaitra la place exacte de l’autre mais aussi la sienne.

Le malade doit se faire confiance précise Catherine, car lorqu’il se prend en charge, il est dans un mouvement de vie, il sait ce qui est bon pour lui. Pour illustrer ses propos elle cite Lionel qui a eu besoin de danser pour retourner à cet élan vital qui est à l’origine du nous plus profond. Tout est sur notre chemin, continue-t-elle de dire et lorsqu’on trouve LA bonne pratique on se dit « Waou, c’est bien pour moi… »

Lionel nous dit qu’i faut toujours croire en sa guérisson, moi j’avoue au début « avoir dansé avec ses cannes, mais dans ma tête j’étais libre… », il faut y aller, il faut tester, faire quelque chose…

Il rajoute, au début de ma pathologie, je tombais souvent dans la rue, alors je me suis dit, tant qu’à tomber je veux apprendre à faire des chutes comme les cascadeurs, spectaculaires mais sans se faire mal…

Conclusion

La communication entre patients, médecins et praticiens des médecines complémentaires est fondamentale pour favoriser une approche intégrative des soins. Il est essentiel de renforcer la confiance mutuelle, de fournir des références et des banques de données en français, ainsi que de réguler et d’encadrer les pratiques complémentaires. En favorisant cette communication, nous pourrons améliorer la prise en charge des patients et promouvoir une approche globale de la santé. 

Le patient redevient acteur et c’est une nouvelle collaboration qui se met en route qui se met en mouvement le fait qu’il puisse se faire confiance et remettre de la vie de l’humain lorsqu’il remet un mouvement de vie dans ses pratiques qu’elle soit par le biais du mouvement lors de l’exercice physique qu’elle soit par ses recherches par ses communications par ces alliances thérapeutiques ou même des groupes de parole cela permet de remettre de la force de vie et d’améliorer le quotidien et le bien-être.

La formation sera  et fera avancer et fera bouger les choses pour les praticiens, bien formés pour en rassurer les professionnels de santé sur l’approche complémentaire à faire la lumière sur  les compétences mais également les limites avoir une la posture professionnelle adaptée et informer  et surtout rassurer