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Comment j'ai réussi à publier deux livres en tant que thérapeute ?

Témoignage d'Anne Boutelant, hypnothérapeute et coach certifiée et validée du réseau Medoucine.

Anne Boutelant est hypnothérapeute et coach en développement personnel, mais elle est également auteure de deux ouvrages publiés chez Marabout / Hachette.

Son premier livre, « Comment j'ai décroché de mon ex » est une sorte de "guide de survie" post-rupture au ton léger et plein d'humour.
Le second, « Trop bonne trop conne » relate une semaine de la vie d'une femme et répond aux nombreuses questions que peuvent se poser les super-womens du quotidien.

Deux bouquins qui ont su rencontrer leur public et le succès, directement inspirés de son expérience et de sa vie personnelle. Bien évidemment, le fait qu'Anne Boutelant soit thérapeute a motivé son envie de partager ses conseils et astuces pour aider celles qui, comme elle, ont dû faire face aux aléas de la vie tels que les ruptures, mais aussi les difficultés du quotidien que sont tenir son rôle de mère, d'épouse, de salarié et de femme à la fois.

Aujourd'hui, nous avons voulu savoir comment elle avait réussi à être publiée dans l'une des plus prestigieuses maisons d'édition et quels sont ses conseils pour d'autres thérapeutes qui aimeraient se lancer dans l'aventure de l'écriture.

Qu'est-ce qui a motivé l'écriture de votre premier livre ?

A.B : J'ai commencé à écrire alors que je n'avais jamais écrit. C'est mon expérience personnelle qui m'a poussée en ce sens. Je venais de vivre une rupture et je me suis rendue à la FNAC à la recherche de livres qui me permettraient de comprendre ce qui se passait en moi, ce que je ressentais, et je n'ai rien trouvé qui puisse répondre à mes attentes.J'ai alors décidé d'écrire pour moi afin de mettre des mots sur les maux. J'ai écrit de façon très spontanée, en proposant des conseils un peu comme si je m'adressais à des amies. Au fil de l'écriture, je me suis rendu compte que cet exercice me faisait beaucoup de bien. À partir de ce moment-là, je me suis dit que ce que j'avais écrit pourrait aussi faire du bien à d'autres et j'ai commencé à envisager l'idée d'une publication.

Comment avez-vous sollicité votre maison d'édition ?

A.B : Je savais ce que je voulais produire, c'est-à-dire une sorte un petit guide de survie qui serait illustré. J'ai alors envoyé un e-mail à Marabout chez Hachette en leur expliquant que j'avais une histoire à raconter avec un ton et un style différent de ce que l'on trouve habituellement et ai donc sollicité une rencontre. Le rendez-vous a été accepté et j'ai pu rencontrer les deux éditrices avec qui j'allais travailler. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble afin de définir ce qu'allait devenir ce projet puis le contrat a été signé.

Quels conseils donneriez-vous à une personne souhaitant approcher une maison d'édition ?

A.B : Le sujet de fond a une importance bien évidemment, mais ce qui est aussi important c'est la façon dont on souhaite le traiter, le ton et le positionnement que l'on adoptera. On pourra très bien aborder un sujet sur lequel il existe déjà beaucoup de parutions, mais si on l'aborde avec un angle différent, il pourra très bien susciter l'intérêt d'un éditeur.


Comment le second livre est-il né ?

A.B : Après avoir écrit ce premier bouquin, j'ai remis le manuscrit à mes éditrices, et une fois le manuscrit accepté, on m'a demandé de continuer l'histoire et d'en écrire un second. J'ai tout de suite dit « oui ». J'ai alors reçu ce que l'on appelle un "avaloir", c'est-à-dire une avance sur les droits ainsi que le planning avec les différentes échéances, dont la date de remise à respecter, sans quoi l'avaloir doit être restitué. Je suis partie quelque temps en vacances, le délai se raccourcissait et je commençais à avoir peur de ne pas être capable de le faire, de ne plus rien avoir à raconter. Je suis donc retournée voir mes éditrices pour leur faire part de mes difficultés, mais elles ont refusé que je laisse tomber le projet et que je rembourse mon avaloir. Elles croyaient très certainement en ma capacité de réussir ce second projet ce qui m'a permis de reprendre confiance en moi. À ce moment-là, il me restait deux mois avant la date de livraison et je me suis donc totalement consacrée à l'écriture durant ces deux mois. Plus que les phases d'écriture, ce second bouquin m'a aussi demandé de faire des recherches pour confirmer certaines intuitions que j'avais. J'ai donc demandé à Marabout/Hachette de mettre à ma disposition un psychanalyste qui m'a permis d'appuyer mes théories et de m'aider à préparer le livre. Ainsi, tous les lundis après-midi, j'ai été le rencontrer pour lui poser diverses questions afin d'étayer mes propos et d'avoir une meilleure compréhension des sujets abordés. Ces moments passés ont été véritablement intéressants pour moi, car plus que de transmettre des choses, l'écriture permet aussi d'apprendre et d'enrichir ses connaissances.

Quels conseils donneriez-vous à un thérapeute qui se lancerait également dans un processus d'écriture avec un délai à respecter ?

A.B : Je pense que l'écriture est comme pour beaucoup de choses de la vie, il faut faire avec qui l'on est, avec les forces et les pouvoirs que l'on a. Certains auront besoin d'être très réguliers dans leur écriture en se fixant des horaires et des règles, un cadre en somme. Certains auront plutôt tendance à écrire sur un temps plus court et alterner avec d'autres activités. Quand on écrit, il faut s'écouter et régler son rythme d'écriture en fonction de cela plutôt que de s'astreindre à un rythme qui ne conviendrait pas. Le processus d'écriture doit être un cheminement agréable et qui permette d'en apprendre plus sur soi-même.

De quelle façon la maison d'édition intervient-elle dans le processus d'écriture ?

A.B : Je m'attendais à quelque chose de très scolaire et en fait les choses se passent très différemment. Au départ, on se met d'accord sur le ton et le découpage du livre. Puis, le processus d'écriture se mène de façon très solitaire et cela demande donc d'être très autonome. Une fois le premier manuscrit terminé, il peut alors être envoyé. La maison d'édition revient alors vers vous avec des modifications demandées ou encore des manques à combler. Un nouveau travail à partir de ces notes est donc mené pour produire une seconde version. Dans mon cas, cette étape a été plus collaborative. Ensuite, l'auteur donne son avis en ce qui concerne l'aspect de l'ouvrage (les maquettes intérieures et extérieures) que la maison d'édition lui soumet. Une fois les discussions terminées et un accord trouvé sur le design du livre, ce dernier part en production. Il faudra ensuite attendre jusqu'au jour où il sera livré, et je dois avouer que c'est un moment très émouvant et d'autant plus lorsqu'on le voit rejoindre les rayons de grandes enseignes de distributions.

Après la publication du livre, quel est le travail promotionnel qui vous est demandé ?

A.B : En principe, il faut se tenir à la disposition du service de presse de la maison d'édition et ce sont les attachés de presse qui vont solliciter différents médias pour faire la promotion du livre. Mon cas a été un peu différent, car je travaillais auparavant dans le milieu de la communication et j'ai donc pu œuvrer en collaboration du service de presse pour être actrice dans la promotion de mes livres. Un travail qui m'a permis d'avoir beaucoup de parutions presse, mais aussi des interventions en radio ou à la télévision. Qui plus est, des sessions de signatures sont également organisées. Un moment très important, car cela m'a permis de faire la rencontre de mes lecteurs et d'avoir leurs avis sur mon livre. C'est un temps qui permet de découvrir les personnes pour qui l'on a écrit et de savoir la façon dont elles perçoivent ce que l'on a dit. Ce sont des moments très forts, mais aussi très gratifiants, car ils permettent parfois de savoir que l'on a pu être utile et c'est d'autant plus important lorsque l'on est dans un métier d'accompagnement.

Est-ce financièrement intéressant de rédiger un livre ?

A.B : Non, bien évidemment on perçoit une rémunération en fonction des ventes, mais au regard du temps passé cela n'en vaut pas la peine si c'est la question financière qui motive le projet. En revanche, il est intéressant pour un thérapeute d'être publié, car cela donne une certaine visibilité auprès du public, c'est une excellente carte visite.


Avez-vous d'autres projets dans le domaine de l'écriture ?

A.B : Oui, je suis en train d'écrire un troisième livre qui sera un cahier d'exercices pour ne plus être « trop bonne, trop conne », avec des mises en pratique, des tests, des exercices à faire, etc. Il devrait sortir en mai.

Que diriez-vous à un thérapeute qui souhaiterait tenter l'expérience ?

A.B : Ce n'est pas un chemin qui est forcément évident donc il faut vraiment se lancer si cela vous fait plaisir et vous enthousiasme. Bien regarder ce qui existe sur le thème pour ne pas faire un énième ouvrage identique est aussi indispensable et demandera à ce que vous trouviez votre spécificité. Il peut arriver que certains moments soient un peu difficiles, mais il ne faut jamais se décourager et vivre cela comme une expérience enrichissante.
Enfin, penser à bien relire son contrat pour savoir dans quoi on se lance est aussi important, car avec l'enthousiasme, on aura tendance à accepter de signer n'importe quoi. Le point de départ de mon parcours dans l'écriture a été une rupture, je pense donc que de toute expérience il y a des choses positives à retirer, et si l'on peut les partager, c'est encore mieux !

Merci Anne Boutelant, hypnothérapeute et coach certifiée et validée du réseau Medoucine pour son témoignage.